Rapport de la commission d’enquête sénatoriale : la FCD conteste des conclusions biaisées et totalement déconnectées de la réalité économique

Communiqué de presse

Rapport de la commission d’enquête sénatoriale :

la FCD conteste des conclusions biaisées et totalement déconnectées de la réalité économique

Paris, 21 mai 2026

Judith Jiguet, déléguée générale de la FCD : “Le débat alimentaire mérite mieux que des raccourcis, des caricatures et des procès à charge. On exige la transparence des distributeurs, mais jamais celle des grands industriels agroalimentaires : cette absence totale de réciprocité nous amène à questionner le rapport dès ses premières propositions. La commission d’enquête, confondant des indicateurs économiques clés, passe à côté de la réalité économique du secteur. Chaque jour les enseignes de distribution absorbent les chocs de prix pour que le panier des Français reste accessible.”

 

Depuis des mois, un récit s'installe : une grande distribution qui s'enrichirait pendant que les agriculteurs souffrent et que les consommateurs peinent à remplir leur panier. Le rapport publié aujourd'hui par la commission d'enquête sénatoriale en est la dernière caricature.

La FCD conteste fermement ses méthodes et ses conclusions, qui désignent la grande distribution comme unique bénéficiaire de la chaîne de valeur alimentaire, en contradiction totale avec les données publiques disponibles et la réalité économique du secteur.

Ce rapport valide une thèse écrite d'avance et désigne, une fois encore, un coupable tout trouvé. A aucun moment, la commission ne s’interroge réellement sur la concentration croissante des multinationales agroalimentaires, ni sur leur capacité à imposer des hausses tarifaires à l’ensemble de la chaîne. Une nouvelle fois, le débat se focalise sur le dernier maillon visible : il n’est pas celui qui capte le plus de valeur, c'est celui qui tient, chaque jour, face à l'inflation.

La France a besoin d'une politique alimentaire qui défende ensemble souveraineté agricole, revenu des producteurs, compétitivité des enseignes et pouvoir d'achat. Opposer ces objectifs est une impasse. L'urgence est de sortir enfin des postures idéologiques et des caricatures simplificatrices afin de reconstruire un débat fondé sur les faits. La filière, les Français en ont besoin.

 

Une méthode inacceptable

Une commission parlementaire tire sa légitimité de son impartialité. Celle-ci a manifestement fait défaut.

  1. Premier constat : la résolution constitutive affirmait dès l'origine que la valeur était « captée » par les distributeurs. Lorsqu'une enquête commence par sa conclusion, ce n'est plus une enquête.
  2. Second constat : Les données des distributeurs, documentées et publiques, ont été systématiquement mises en doute. En face, celles des industriels ont bénéficié de l’opacité des huis clos et d’une absence complète de réciprocité : cette asymétrie n’est pas supportable.
  3. Troisième constat : La manipulation des chiffres avec une confusion manifeste des indicateurs économiques de base est un biais qui décrédibilise totalement l’ensemble du rapport.

Les membres de la FCD ont participé à ces travaux avec loyauté et sous serment, en ouvrant leurs données et leur modèle économique. Il est incompréhensible qu’ils n’aient pas pu bénéficier de la même rigueur, du même niveau d’analyse et de la même réciprocité durant toute la commission.

 

Des propositions déséquilibrées
La FCD dénonce des propositions qui reposent sur une lecture profondément déséquilibrée, concentrant l’essentiel des critiques sur la distribution, laissant largement hors du débat les grands industriels agroalimentaires, pourtant parmi les principaux détenteurs du pouvoir de marché et des marges les plus élevées.

Concernant les centrales d’achat européennes, dont l’existence et les pratiques sont analysées et validées par les instances européennes, la FCD rappelle qu’elles constituent un levier de négociation indispensable face à des multinationales ultra-concentrées, aux marges atteignant parfois deux chiffres. Elles permettent de rééquilibrer le rapport de force et de garantir aux consommateurs français les prix les plus accessibles. Ces centrales ne négocient ni avec les PME et ETI françaises, ni sur la matière première agricole française.

Derrière les raccourcis, les faits

Avant de désigner des responsables, il faut regarder les chiffres. Ils sont publics, établis par des organismes indépendants tels que l’INSEE ou l’OFPM, et reflètent une réalité économique souvent absente du débat public.

  • 1 à 2 % : c’est la marge nette moyenne de la grande distribution alimentaire ;
  • 0,7 % : c’est le niveau atteint par la marge nette au plus fort de l’inflation, en 2022-2023 ;
  • +34 % : hausse des prix des produits industriels agroalimentaires entre 2020 et 2026, sur la même période la hausse des prix alimentaires de 25%, soit 9% absorbés par les distributeurs pour protéger le pouvoir d’achat.
  • 37,2% : c’est le taux de marge opérationnel des industries agro-alimentaires, contre 25,5% pour le commerce, un taux en chute libre depuis quelques années

Comment la commission d’enquête peut-elle passer sous silence le déséquilibre flagrant à l’égard des grandes multinationales dont les marges nettes sont connues et les mécanismes demeurent les plus opaques de la filière ?

 

 

La grande distribution est un secteur de volumes, de concurrence intense et de marges faibles. Affirmer le contraire est un déni total de réalité.

 

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À propos de la FCD 

La Fédération du Commerce et de la Distribution regroupe la plupart des enseignes de la grande distribution, qu’il s’agisse de distribution alimentaire ou distribution spécialisée. Ce secteur compte 800 000 emplois, plus de 10 millions de clients par jour, 2 300 hypermarchés, 5 875 supermarchés, 3 435 supermarchés à dominante marques propres, près de 6 200 drives, 20 000 magasins de proximité et environ 2 000 grandes surfaces spécialisées, plus de 30 000 points de vente pour un volume d’affaires d’environ 250 milliards d’euros HT. La FCD intervient notamment dans les domaines de la sécurité alimentaire, du développement durable, des relations économiques (PME, industriels, filières agricoles), des relations avec les partenaires sociaux et sur les sujets liés à l’aménagement du territoire et d’urbanisme commercial.   Plus d’information sur : www.fcd.fr  

 

Contacts presse 

Thomas DUTRIEZ – +33 (0)7.81.37.31.28 – tdutriez@image7.fr

Hélène ALLAIRE – +33 (0)6.68.43.93.90 – hallaire@fcd.fr 

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